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Pachamama, la Mère Cosmique > http://www.hhmamani.com

Interview du Professeur Hernàn Huarache MamanI

Pachamama, la Mère Cosmique,
est à l’origine de l’existence de la Femme- Génie

Interview du Professeur Hernàn Huarache Mamani qui soutient et diffuse la culture Inca orientée vers les valeurs féminines qui tendent à la paix et au bien-être – par Laura Dotti

La culture andine est très orientée sur le féminin : est-ce à partir de là que vous approfondissez la connaissance de l’univers féminin qui est capable de conduire la société vers la paix et le bien-être ?
Aujourd’hui dans la société et dans la culture, c’est l’élément masculin qui prévaut avec ses caractéristiques individuelles, dominantes, matérialistes et consommatrices. C’est pour cela que je m’occupe de diffuser le savoir féminin. L’importance du féminin a été affirmé par les andins depuis les anciens temps. La divinité principale de la culture andine est la Pachamama, qui signifie Mère Cosmique. C’est le féminin qui donne le commencement à tout, à la vie elle-même. L’homme, sans métaphore, met seulement la graine, il lui suffit de quelques minutes pour le faire, mais la femme a devant elle 400 mille minutes pour créer la vie. Voilà pourquoi Dieu est féminin et non masculin. Selon une ancienne légende andine, le premier être humain était une femme. On engendra d’elle la partie masculine qui était très petite, l’exact contraire de l’histoire biblique d’Adam et Eve. Dans l’ancien gouvernement Inca, il y a environ 6 à 7 siècles, l’éducation des femmes était dispensé à l’intérieur d’une institution – l’Akjllawasi, qui signifie « l’école des élues » - une élite : les Mamakuna, des femmes dotées de grand pouvoir dans les yeux, dans la voix, dans le corps, en mesure d’irradier lumière et harmonie, apportant le bien aux personnes proches d’elles. Ces sages étaient une partie active, noble et créative de la société inca. En ce temps les femmes vivaient en autonomie économique, vivaient la liberté sexuelle, pratiquaient la médecine, l’agriculture, modelaient la poterie et les objets d’utilisation religieuse, se mariaient et avaient des enfants.
Aujourd’hui en Italie, on parle beaucoup du corps « marchandise » (à la télévision en particulier), des femmes devenues objet, décoration, « une marchandise à la merci des hommes », comme vous l’écrivez dans la prophétie de la curandera, on assiste à la redécouverte de son corps, de sa sexualité et de son potentiel.
Le corps de la femme est sacré. L’homme doit mériter le corps de la femme. L’union des deux corps révèlera la vraie sexualité qui n’est rien d’autre que la profonde entente entre deux êtres humains. L’homme ne connaît pas toutes les valeurs précieuses d’un rapport avec une femme. La femme peut faire découvrir à l’homme le Divin qui réside en lui, sans besoin d’intermédiaire. Le point essentiel pour une nouvelle éducation est la connaissance de l’énergie sexuelle, en tant que force primitive.
Ici intervient l’obstacle du sujet religieux qui se sent menacé : le sexe est jugé comme quelque chose de « sale ». Et ceci parce que la conscience de la sexualité sacrée peut libérer des quantités énormes d’énergie, qui augmente la spiritualité, la santé, la conscience de soi et de l’autre.
Vous parlez de « nécessité d’une nouvelle éducation ». Comment est-ce possible de reconstruire en dé-passant les comportements matérialistes, d’individualisme, d’égoïsme ?
L’éducation doit plus miser sur les femmes que sur les hommes. Même l’Etat doit comprendre l’importance toujours plus urgente d’investir sur la femme. Nous avons besoin d’une institution éducative qui corresponde en majorité aux nécessités et aux intérêts de la femme qui doit recevoir une éducation plus à jour sur la vie, faite par les femmes et pour les femmes, comme ça l’était dans l’Akklawasi. C’est pour cela qu’il serait important d’inclure dans un parcours d’études « au féminin » des matières comme la puériculture, l’alimentation, la médecine, la psychologie, la créativité et l’éducation familiale pour que les mamans sachent lire les exigences des enfants même lorsqu’ils ne sont pas encore en mesure de parler. L’école actuelle possède, en revanche, une racine masculine parce qu’elle a été faite par des hommes pour des hommes. Voilà d’où vient l’exigence de créer une université au féminin. Il faut miser sur l’éducation des femmes pour retourner à l’âge d’or.
C’est sur ces principes qu’est né le projet de l’Université de la Vie et de la Paix ?
Oui. Grâce aux gains de mes livres, j’ai pu faire naître à Aréquipa, au Pérou, l’école de la Vie et de la Paix qui va jusqu’au lycée, une nouvelle école avec une approche pédagogique différente, pour préparer les citadins de demain à un monde de paix, de justice et de compréhension.
Il existe déjà des projets pour la création d’une institution de haut niveau en Suisse qui inclut aussi une université reconnue. Je tiens beaucoup à cette idée, nous devons miser sur une éducation qui puisse créer une société capable de respect envers la Terre et la Vie. C’est cela la voie de la féminité.

Le professeur Hernàn Huarache Mamani est un indien né à Chivay, un village de la Cordillère des Andes péruviennes. Homme de médecine (curandero et prêtre), il a un diplôme en Economie et en Langues. Par la suite, il a enseigné la langue Quechua et la Culture Andine à l’Université de San Augustin d’Arequipa. Il travaille depuis des années au projet de sauvegarde de la connaissance de la culture Inca. H. H. Mamani est fondateur de l’Inca (Institut Natif de Culture Andine) ayant son siège social à Arequipa et la Fondation Mamani, crée au Pérou en 2001, dont les buts sont la promotion de l’éducation au Pérou, avec une attention particulière au développement intégral de la femme et la réalisation de l’Université de la Vie et de la Paix. Ce projet est maintenant soutenu par la nouvelle association suisse Istituto Mamani/Inca. Il a publié plusieurs titres dont le plus connu : la prophétie de la curandera, mais aussi Les curanderos des Andes, la femme à la queue d’argent et la femme de la lumière. En mai sortira son nouveau roman, édité par Piemme, Inkariy, la prophétie du soleil.
Traduction : Pascale Chiantello


Hernàn Huarache Mamani http://www.hhmamani.com


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